Le mardi 15 mars 2011, la Bibliothèque Sésame accueillera Olivier Decocq du Centre Paul Duvigneaud qui proposera une conférence-rencontre sur le thème :
« Pucerons, coccinelles, guêpes… et nous.
Quelle place pour les insectes en ville ? »
Informations pratiques : Où ? Sésame, bibliothèque interactive – Boulevard Lambermont, 200 – 1030 Schaerbeek Quand ? Mardi 15 mars 2011 à 19h Prix ? Entrée libre
Les soirées du « Club de lecture » reprennent dès ce mardi 18 janvier 2011 à 20h, à la bibliothèque Sésame. Mais aussi les mardis 15/02, 22/03, 26/04, 24/05 et 21/06.
La formule reste pareille à celle de l’année passée : un livre au choix, une présentation libre, un timing à respecter (22h30). Pour plus de renseignements, prenez contact avec Véronique Camus (02/240 43 70).
Les éditions Tallandier ont publié les Mémoires de Goebbels (2005-2009), récemment reconstitués dans leur intégralité, et divisés en quatre volumes. Ils sont déjà connus depuis leur édition presque intégrale en allemand (1993). Très copieux, bien qu’encore parcellaires, le ton est d’abord celui du journal intime puis, dès que l’homme devient public, celui de la propagande. Remanié, il fut d’ailleurs publié en Allemagne dès 1936, et devint rapidement un bestseller.
Toutefois, en dehors de la vie privée du ministre de la propagande, les grandes lignes en sont déjà connues ou soupçonnées, notamment par le témoignage d’Albert Speer. Ces 2 récits nous font entrer en plein cœur du mécanisme décisionnel de Hitler, mais divergent en plusieurs points. Aux éphémérides de Goebbels répond la synthèse de Speer. Et, si celui-ci médite rétrospectivement les atrocités et la chute du régime qu’il a servi, Goebbels reste fidèle au triomphalisme jusqu’en ses dernières pages. En effet, selon les chimères de Hitler et les impératifs de la propagande, il ne remet jamais la victoire finale en question (quoique Speer nous le dévoile moins confiant). Dans le même ordre d’idée, même si Speer confesse n’avoir jamais échappé au charisme de Hitler, sa tentative d’assassinat témoigne d’un scepticisme que n’éprouva (ou n’exprima) jamais Goebbels, parfait larbin. Le fanatisme du ministre de la propagande ne cessa d’ailleurs jamais de nourrir et d’irradier sa haine contre les Juifs et sa foi en la légitimité du nazisme le plus radical.
L’intérêt de son témoignage réside surtout dans le suivi de l’élaboration d’une propagande que seuls les Soviétiques égalaient – d’où, entre autres, la fascination paradoxale qu’exerça Staline sur lui et sur Hitler. Procédés cinématographiques, dont la remarquable production de Lena Riefenstahl, diffusion radiophonique, télévision : il promut et eut recours aux technologies médiatiques de pointe. À quoi il faut ajouter la censure, les mises en scène grandiloquentes des congrès, et la fidèle assimilation de la gestuelle oratoire de Hitler.
Assez onéreuse et trop copieuse pour le grand public, déjà exploitée par les historiens: on s’interroge sur le public visé par cette publication. Restent les scientifiques francophones que l’allemand rebute, et les amateurs qui jouiront d’un appareil critique de haut niveau. En outre, la lecture d’extraits épars suffira à susciter la consternation face à l’indéfectibilité de l’enthousiasme de son auteur, à sa rhétorique enflammée. Toutefois, je recommanderais plutôt le témoignage de Speer, plus synthétique et plus objectif, au lecteur curieux de cette époque.
Damien – Bibliothécaire
Références :
Goebbels, Joseph. Journal, vol. 1-4. Paris : Tallandier, 2005-2009
Vous trouverez ces documentaires dans la bibliothèque 1001 p. à la cote 92 GOE.
Dans la foulée de la parution de la biographie de Heinrich Himmler par Peter Longeric (Éd. Héloïse d’Ormesson) et du Journal de Goebbels (Tallandier), Hachette Pluriel Reference réédite Au cœur du 3ème Reich d’Albert Speer. Cette dernière autobiographie fut éditée en allemand en 1969, et traduite en français en 1971, toujours chez Tallandier.
Malgré le procès de mauvaise foi adressé contre ces mémoires, on y (re)découvre la mégalomanie des projets architecturaux du Reich, la vie quotidienne de Hitler, et une vision plus nuancée des arcanes du pouvoir nazi. Voilà qui s’oppose à la vision d’un régime laborieux et bien organisé : Hitler s’y montre radotant et peut-être paresseux, son entourage se perd dans des intrigues de cour, les décisions ne reposent que sur la capacité de ruse et de séduction de ses sbires, ses prétentions de stratège militaire et ses ingérences dans la conduite de la guerre ont précipité l’effondrement de son armée, etc. On y mesure également l’influence du sinistre Martin Bormann, véritable éminence grise du régime. Mais le plus percutant est peut-être la folie et la monomanie qui s’emparèrent définitivement de Hitler entre fin 1943 et 1945, quand la chute du Reich devenait inéluctable.
Mais, si ces thèmes sont abordés avec l’objectivité d’un intellectuel repentant, la critique à regretté l’évitement de la question juive et de sa propre implication dans le régime – qui du reste lui valut 20 ans d’internement. Bien que ne niant pas avoir possédé tous les indices nécessaires à reconstituer la réalité, il déclare avoir omis le questionnement moral au nom de l’efficience du régime. Et c’est bien vers cela que tend tout son journal : une mise en garde contre la technocratie aveugle. Sujet bien d’actualité…
Damien – Bibliothécaire
Références : Albert Speer. Au cœur du Troisième Reich. Paris : Pluriel, 2010
Vous trouverez ce documentaire dans la réserve de la bibliothèque Thomas Owen à la cote 943″40/45″ SPE (s’adresser au bibliothécaire).
Frères d’armes raconte l’histoire d’une compagnie de parachutistes américains durant la Seconde Guerre mondiale et retrace le parcours de ces hommes appartenant à la compagnie E du 506e régiment d’infanterie parachutiste de la 101e division aéroportée durant toute la campagne Européenne des forces alliées.
Nous suivons la progression de cette compagnie depuis son instruction à Camp Toccoa aux États-Unis, en passant par le débarquement de Normandie en France, l’opération Market Garden aux Pays-Bas, la bataille des Ardennes à Bastogne et enfin la prise du nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises.
La particularité de ce livre est d’avoir été écrit à partir des témoignages de plusieurs vétérans encore en vie. On y découvre le quotidien de ces hommes confrontés à la violence des combats et à la guerre dans toute son horreur. La fin du livre révèle également l’après-guerre et le retour à la vie civile.
Historien spécialiste de la seconde guerre mondiale, l’auteur a dépouillé une masse impressionnante d’archives et rencontré les survivants pour écrire, le récit de cette incroyable aventure.
Une série télévisée réalisée par Tom Hanks et Steven Spielberg a été tirée de ce livre. Particulièrement réussie l’adaptation télévisée de Frères d’armes est d’un réalisme époustouflant et respecte bien la trame du livre. Elle a également été réalisée avec l’aide des vétérans de la Easy Company dont voici un mini-documentaire :
Tony – Bibliothécaire
Références :
Stephen E. Ambrose. Frères d’armes : compagnie E, 506e régiment d’infanterie parachutiste, 101e division aéroportée : du débarquement en Normandie au nid d’aigle de Hitler. Paris : Albin Michel, 2002
Vous trouverez ce documentaire dans les bibliothèques Sésame et Thomas Owen à la cote 940″40/45″ AMB.
Jean Baudet est philosophe et docteur en sciences de l’université de Paris VI. Il a publié une impressionnante série de livres sur l’histoire des technologies, des industries et des sciences (mathématiques, physique, biologie moléculaire, médecine).
Le présent ouvrage est un remarquable travail de vulgarisation : clair, pédagogique, humoristique à l’occasion, captivant du début à la fin. La grande érudition de l’auteur n’a rien de pesant : elle incite à la réflexion méthodologique.
En présentant vingt-six erreurs commises par des chercheurs qui, tous, se voulaient rigoureux, J. Baudet montre comment des scientifiques célèbres se trompent et comment d’autres scientifiques parviennent à les corriger, de sorte que le savoir scientifique, en fin de compte, s’avère cumulatif. Tout en relativisant la « vérité » de la science, il suscite l’enthousiasme pour la démarche scientifique.
Son livre n’est pas sans rappeler La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard (Vrin, 1947), mais sa présentation est nettement plus simple. L’ouvrage de Bachelard s’adressait à des universitaires préoccupés d’épistémologie, le sien s’adresse au grand public, y compris les grands adolescents.
Partant, avec Thalès et Empédocle, des débuts de la pensée scientifique, en Grèce, au Ve siècle avant notre ère, J. Baudet évoque Hippocrate, Platon et les alchimistes, pour ensuite rendre un vibrant hommage au génie de Copernic, qui a cependant fait l’erreur de croire que les planètes se déplacent de façon circulaire. Sont ensuite présentées, selon un ordre historique, les tentatives de transfusions sanguines ignorantes des groupes sanguins, l’explication erronée de Descartes pour la rotation des planètes, le développement de la croyance aux Martiens, la théorie de la génération spontanée, les rayons N de Blondlot, la radium-mania du début du XXe siècle, le soi-disant chaînon manquant découvert à Piltdown en 1912, l’affirmation d’Einstein — le plus grand savant de tous les temps — que l’Univers est stable et éternel (Einstein finira par dire que ce fut la plus grosse erreur de sa vie), la pratique des lobotomies, les errances agronomiques de Mitchourine et Lyssenko, les débats compliqués et passionnels sur l’inégalité des intelligences, les expériences sur la mémoire de l’eau et l’homéopathie. L’ouvrage se termine sur des réflexions concernant les penseurs post-modernes qui promeuvent un néo-obscurantisme.
Jacques Van Rillaer – Professeur de psychologie à l’UCL
Références :
Jean C. Baudet. Curieuses histoires de la science : quand les chercheurs se trompent. Waterloo : Jourdan, 2010
Jacques Van Rillaer, professeur émérite de psychologie à l’université de Louvain-la-Neuve et spécialiste des thérapies cognitivo-comportementales, donnera une conférence à la bibliothèque Sésame le mardi 30 novembre 2010 à 19h dont le thème sera : « Comment s’y retrouver dans la jungle des psys ? »
Jacques Van Rillaer est également co-auteur des livres suivants :
Tous ces livres sont disponibles dans les bibliothèques de Schaerbeek-Evere. Pour connaître la disponibilité de l’exemplaire et sa cote de rangement, cliquez sur le titre souhaité.
Il y a plusieurs façons de fêter un anniversaire. En grandes pompes avec beaucoup d’invités, prestigieux si possible. Ou dans l’intimité. Pour fêter le 50e anniversaire des indépendances africaines, nous vous proposons l’intimité : celle de trois congolaises sexagénaires Anna, Charlotte et Bernadette alias Chérie Maman.
Le documentaire « CONGO, 50 ANS et après ? « , réalisé par le Cedas, retrace le quotidien de ces « mamans », leurs gestes, leurs visages beaux et marqués.
Le regard qu’elles portent sur l’histoire du Congo, la colonisation, les colons…
Avec sa projection, nous vous proposons de célébrer le 50ème anniversaire, auprès de ces femmes modestes, immigrées ayant vécu la majeure partie de leur vie au Congo.
Informations pratiques : Où ? Bibliothèque 1001 p. – Place de la Reine, 1 – 1030 Schaerbeek Quand ? Le samedi 19 juin 2010, à 15h00 Prix ? Entrée libre Renseignements pratiques : Cedas (Centre de Développement et d’Animation Schaerbeekois, 210 rue verte – 02/242.20.83)