Coin des curieux : Retour sur mai 68 dans vos bibliothèques

Il y a 50 ans tout juste, la France s’enflammait. Un printemps synonyme, encore aujourd’hui, de révolte, de liberté et surtout de luttes sociales, politiques et culturelles. Les bibliothèques de Schaerbeek reviennent sur ce moment clé avec une sélection d’ouvrages à retrouver aussi dans nos rayons.

Histoire et société

“Il y a 50 ans…mai 68” d’Eric Alary – Larousse

Plus qu’un livre, un très bel objet qui retrace les évènements de mai 68 à Paris mais pas seulement. Comment ce printemps de révoltes a été vécu en France, en Europe, dans le monde? Quels vécus pour les paysans, les femmes, les immigrés, les artistes ou les intellectuels ?
Un ouvrage richement illustré accompagné de nombreuses reproductions de journaux, affiches, chansons…
Un superbe panorama de l’époque qui vous (re)plongera dans ce printemps de liberté et vous donnera à coup sûr l’envie d’en savoir plus.

 

 

 

“68, une histoire collective” de Michelle Zancarini-Fournell et Philippe Artières- La Découverte

De la fin de la guerre d’Algérie en 1962 à l’élection de François Mitterrand en 1981, de la révolution cubaine à la révolution iranienne, cet ouvrage collectif exceptionnel invite à parcourir l’histoire de ces vingt années qui ont transformé la société en profondeur.
Les auteurs nous pousse à aller plus loin et à examiner la longue séquence historique dans laquelle s’inscrit mai 68. Une façon de saisir l’incroyable diversité des luttes et des aspirations dont ces années furent le théâtre et de dépasser mai 68 et ses fantasmes.

 

 

 

 

“Forget 68” de Daniel Cohn-Bendit (entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard) – Editions de l’Aube

«Mai 68, c’est fini!» C’est Dany le rouge qui l’affirme dans ce livre d’entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard. Le contexte historique et les enjeux actuels ont considérablement changé. Le chômage galopant, la pandémie de sida, la mondialisation ou la prise de conscience des dérèglements climatiques n’existaient pas il y a 40 ans. Restent des souvenirs extraordinaires et un slogan: le combat continue même s’il a changé de terrain.
Une ode qui appelle à en finir avec mai 68 pour se concentrer sur les problèmes contemporains.

 

 

 

 

 

“Contre-discours de mai : ce qu’ embaumeurs et fossoyeurs de 68 ne disent pas à ses héritiers” de François Cusset – Actes Sud

Dans cet ouvrage, l’historien François Cusset démonte les discours des “pro” et de “anti” mai 68. Selon lui, le mouvement initié en 68, en étant victime d’une sorte de “momification” des deux parties, perd sa force mobilisatrice, s’éloigne de ce qu’il était vraiment et de ce qui peut faire sens 50 ans après: un mouvement collectif, international, effervescent et imprévisible.
Un contre discours nécessaire pour éviter l’écueil de la nostalgie et passer à l’action.

 

 

 

En belgique

“68 Belges en mai” d’Elodie de Sélys – Luc Pire

La vague contestataire internationale n’aura pas épargné notre petite Belgique. Soixante-huit personnalités belges de tous milieux, de toutes opinions et de toutes générations vous racontent leur Mai 68, ses rêves et ses désillusions, ses vraies ou fausses conséquences, ses anecdotes et ses contradictions.
Un livre léger, divertissant et richement illustré.

 

 

 

 

Médias

« Pour en finir avec le travail : Chansons radicales de mai 68 » – EPM Musique, 2008

Ce CD de neuf chansons révolutionnaires nous plonge dans l’esprit contestataire et impertinent de l’après mai 68. Cette ré-édition de 1974 est agrémentée de notices historiques tout aussi réjouissantes. Un pied de nez musical!

 

 

 

 

« Les hits de mai 68 » – Pense à moi, 1968

Ce CD nous replonge avec délice dans le hit parade “Salut les copains” de mai 68. Pas de grands contestataires ici mais bien quatorze classiques de la chanson française et anglaise accompagnés de documents inédits. Un doux moment de nostalgie à partager.

 

 

 

 

« L’esprit de mai 68 » – EPM Musique, 2008

Mélange de chansons, slogans et poésie, ce CD de 25 pistes s’impose comme un incontournable pour comprendre l’essence de mai 68. Un plongeon dans l’ambiance de l’époque et un hommage la rue…là où tout a commencé.

 

 

 

 

 

« Sous les pavés le jazz (Mai 68 en jazz) » – SONY BMG Music entertainment., 2008

Un double CD qui reprend 34 titres enregistrés ou publiés en 1968. Du jazz…mais pas que. Miles Davis, Duke Ellington; Herbie Hancock mais aussi Janis Joplin, Sly and the Family Stone ou Simon and Garfunkel, … Des classiques de la musique que l’on (re)découvre avec plaisir!

 

 

 

 

« Woodstock 40 » – Rhino, 2009

Quoi de plus mythique que Woodstock lorsque l’on évoque la musique des années 60? Ce petit festival hippie symbole de la contre-culture qui a bouleversé l’histoire du rock?
Ces six CD reprennent dans l’ordre chronologique des chansons et des enregistrements sonores d’ambiance de ces 3 jours complètement fous qui ont profondément marqué toute une génération… des documents d’exception qui nous emporte 50 ans en arrière et qui n’ont pourtant pas pris une ride.

 

 

Féminisme

“Les féministes de la deuxième vague” de Christine Bard – PUR

A travers des portraits de militantes, de syndicalistes, d’artistes,…ce livre retrace l’histoire du féminisme de l’après mai 68.
En s’appuyant de la sorte sur des expériences personnelles, l’auteur nous montre ici toute la diversité du mouvement, ses dissensions mais aussi son incroyable richesse.

 

 

 

 

“Ne suis-je pas une femme ? : femmes noires et féminisme” de Bell Hooks – Cambourakis

« Ne suis-je pas une femme ? », telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des États-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, Bell Hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.
Un livre majeur du « black feminism » qui a pourtant mis 30 ans à être traduit. A découvrir d’urgence!

 

 

“Ainsi soit-elle” de Benoite Groult – Grasset

Avec humour (attention ça pique), finesse et clarté, Benoîte Groult démonte les discours oppressifs de toute sorte. Un catalogue des raisonnements bancals qui conditionnent les femmes depuis la nuit des temps et qui quarante après leur publication sont encore tragiquement d’actualité.
Un texte jouissif à mettre entre toutes les mains.

 

 

 

 

“Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage” de Maya Angelou – LGF

Premier volume d’un récit autobiographique commencé à 40 ans, “Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage” retrace le parcours hors du commun de Maya Angelou, militante pour les droits civiques et afro-féministe.
A travers sa vie, ses combats, ses amours, c’est aussi l’histoire, souvent sombre, des Etats-Unis que l’auteur nous offre à voir.
Un classique de la littérature américaine encore trop peu connu du vieux continent.

 

 

 

Romans 

“Les fantômes du vieux pays” de Nathan Hill – Gallimard

Aux Etats-Unis, le gouverneur et candidat à la présidentielle Packer est agressé en public par une femme d’âge mûr, Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’université de Chicago, passe à côté du fait divers, trop occupé à jouer en ligne. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère !
Un premier roman dense et ambitieux qui mêle roman d’apprentissage et fresque historique de l’amérique contemporaine. Une réussite pour ce jeune auteur tragi-comique à suivre…

 

 

 

“Et nos yeux doivent accueillir l’aurore” de Sigrid Nunez – L’aurore Rue Fromentin

New-York, 1968. Pour Georgette George et Ann Drayton, l’entrée à l’Université est une véritable libération, presque un soulagement. L’une laisse derrière elle une petite ville ravagée par la crise économique, l’autre le luxe d’une famille bourgeoise. Entre les deux colocataires c’est le début d’une amitié passionnée.
Un roman lumineux autour de deux destins de femmes que tout oppose.

 

 

 

 

“Le crépuscule d’un monde” d’ Yves Turbergue – Plon

Fils d’un ouvrier tué lors des occupations d’usine de Mai 1968, David Martin a grandi sur les vestiges d’un monde qu’il voit disparaître, effacé par la mondialisation et la désindustrialisation. Taraudé par le fantôme d’un père dont la mort n’aura servi à rien, témoin des déceptions de l’après-1981, il voudrait goûter à l’argent facile, partir loin de chez lui. Saura-t-il échapper aux illusions de l’époque tout en restant fidèle aux siens?
Une saga familiale sur fonds de classe ouvrière en pleine déroute. Un récit captivant et puissant.

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