COIN DES CURIEUX : 8 mars, journée mondiale des droits de la femme.

En 1880, sur l’exemple des pays voisins et à l’aube de la première vague féministe, les universités belges ouvrent leurs portes aux étudiantes, une victoire prélude d’une série de revendications pour d’autres droits. Car si les femmes accèdent aux études supérieures, elles ne peuvent encore exercer pleinement dans certaines sphères professionnelles exclusivement réservées aux hommes. Parallèlement, les femmes s’organisent. Des mouvements se développent et parmi les plus évocateurs, celui des Suffragettes dont la revendication est le droit de vote des femmes au Royaume-Uni, droit qu’elles obtiennent en 1928. En Belgique, il faudra attendre 1948 pour que les femmes accèdent aux législatives. Les changements qui s’opèrent tendent à réinterroger la place des femmes au sein de la société, l’origine des inégalités mais également la représentation et la construction du féminin. Qu’il s’agisse de la sphère privée ou publique, le corps et la sexualité de la femme sont depuis bien longtemps des tabous et demeurent encore des questions d’actualité.
Si la condition de la femme, son histoire et les enjeux socio-politiques gravitant autour suscitent votre intérêt et vous désirez en apprendre davantage à ce sujet, voici une sélection d’ouvrages disponibles dans vos bibliothèques !

 

“Olympe de Gouges” de José-Louis Bocquet et Cathy Muller – Casterman (2012)

Avec la “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” qu’elle rédige en 1791, Olympe de Gouges, femme née dans une famille bourgeoise de province, va prouver que la Révolution Française est aussi une affaire de femmes. C’est avec un souci du détail historique et finesse que Bocquet retrace le parcours d’une femme qui luttera pour son indépendance et ses positions avant-gardistes au péril de sa vie.

 

 

 

“Paroles d’honneur” de Leïla Slimani et Laetitia Coryn –  Editions des Arènes (2017)

Dans ce roman graphique, Leila Slimani part à la rencontre de ses lecteurs de Rabat. Elle y recueille leurs témoignages les plus intimes dans un contexte où la sexualité, particulièrement hors mariage, est encore tabou dans le pays. Avec le coup de crayon de Laetitia Coryn, Leila Slimani libère la parole des Marocaines.

 

 

 

 

“Communardes ! Tomes 1, 2 & 3” de Wilfrid Lupano, Lucy Mazel, Xavier Fourquemin et Anthony Jean – Vents d’Ouest (2015)

La Commune de Paris, vue à travers différents personnages féminins, cet épisode insurrectionnel de l’histoire française est repris ici par plusieurs auteurs de BD: Wilfrid Lupano, Lucy Mazel, Anthony Jean et Xavier Fourquemin. En collaboration, ils mettent en lumière les rêves de celles qu’on appelle les Communardes, impliquées dans l’espoir de voir une société plus ouverte, égalitaire et favorable à l’épanouissement des femmes des classes populaires. Mais l’échec de l’insurrection perturbera leurs desseins. Une tragédie historique grandiosement abordée dans les trois tomes.

 

 

 

“Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes?” de Soledad Bravi et Dorothée Werner –  Rue de Sèvres (2018)

Documentaire qui emprunte les traits de la bande dessinée, l’oeuvre de Soledad Bravi aborde de manière chronologique et historique, l’apparition des différentes inégalités de genre tout en essayant d’en déterminer les causes. Aux amateurs de vulgarisation, cette BD pleine d’humour est faite pour vous !

 

 

 

“Un autre regard, Tome 1” d’Emma – Massot éditions (2017)

Connue sur les réseaux sociaux grâce à ses planches touchant divers sujets dont celui de la femme avec notamment la question de la charge mentale au sein des ménages, le prénom Emma vous évoquera probablement quelque chose. Elle partage dans cette bande dessinée une dizaine d’histoires très variées autour du féminisme, de la politique ou de la sexualité, brisant ainsi par la même occasion, les clichés sur bon nombre de sujets. À l’instar de ces oeuvres diffusées sur internet, vous retrouverez cette habileté à mêler sérieux, humour et instructif !

 

 

“La servante écarlate” de Margaret Atwood – Robert Laffont (2017)

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles dont le signe distinctif est d’être vêtues de rouge : les « servantes écarlates». Dans cet univers dystopique, nous suivons le parcours de la servante Defred qui met son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Fiction écrite en 1985, les thématiques soulevées par Margaret Atwood restent encore au centre de l’actualité trente ans plus tard. Un chef-d’œuvre bouleversant adapté en série depuis 2017.

 

 

“Emma, Louise et Marie : l’Université de Bruxelles et l’émancipation des femmes (1830 – 2000) » d’Eliane Gubin et Valérie Piette – Université Libre de Bruxelles (2004).

L’émancipation féminine ne peut être dissociée de l’évolution globale d’une société. “Emma, Louise, Marie…” n’est donc ni une monographie “des filles à l’ULB” ni une histoire de l’ULB “au féminin”.Il propose, sur le long terme, une remise en contexte des relations que l’ULB et certains de ses membres ont entretenues avec des groupes porteurs de revendications féministes. Dans le long cheminement vers l’égalité des sexes, l’ULB a posé ses marques en ouvrant la première ses portes aux étudiantes et en formant des femmes qui se sont engagées à leur tour dans les combats de leur temps. À travers ce travail réalisé par les historiennes Eliane Gubin et Valérie Piette, est suggérée une histoire croisée de l’enseignement belge et des femmes en Belgique.

 

 

“Les grandes hystériques” de Bruno Fuligni – Editions Prisma (2016)

Femmes politiques et grandes criminelles, religieuses exaltées et créatrices d »avant-garde, les grandes figures féminines de l’Histoire oscillent perpétuellement entre génie et folie. Le neurologue Charcot, en théorisant l’hystérie, avait cru trouver la réponse à travers l’hystérie, mais toute femme un tant soit peu rebelle devenait une hystérique en puissance dans son système… A côté de vrais cas pathologiques, comme « l’ogresse de Montauban » ou « la nécrophile de Sacramento », combien de femmes extraordinaires ont-elles dû subir les moqueries et l’opprobre, avant d’être reconnues pour leur talent et leur action de pionnières ? Reines et suffragettes, empoisonneuses et banquières, mystiques et possédées, artistes et femmes fatales, toutes ont en commun d’avoir stupéfié les hommes par leur audace et leur démesure.

 

 

“Les Suffragettes” de Sarah Gavron (2015)

Au début du siècle dernier, en Angleterre, des femmes de toutes conditions décident de se battre pour obtenir le droit de vote. Les réactions du gouvernement sont de plus en plus brutales et les obligent à entrer dans la clandestinité pour une lutte de plus en plus radicale. Mouvement pacifique à l’origine, l’usage de la violence sera le dernier recours des suffragettes pour faire entendre leurs revendications. Un film poignant, fort en émotion et au message puissant !

 

 

 

“Jacky au royaume des filles” de Riad Sattouf (2014)

Dans un univers alternatif, en “République démocratique et populaire de Bubunne”, les femmes dirigent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi les hommes, Jacky, vingt ans, rêve comme tous les célibataires du pays d’épouser la Colonelle Bubunne, héritière du pouvoir et de lui faire plusieurs petites filles. L’occasion se présentera lors du grand bal organisé par la mère de la Colonelle. Le mythe de Cendrillon est revisité ici avec humour et cynisme par Riad Sattouf en inversant les genres.

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